Historique de la chirurgie Maxillo-faciale

Tiré de « Histoire de la Stomatologie et de la Chirurgie Maxillo-Faciale ». De Charles-Yves Daïeff.

Les Gueules cassées :
Une histoire de chirurgie plastique


L'aventure humaine et scientifique que
constitue la première greffe du visage
effectuée en novembre 2005 par
les équipes des professeurs
Devauchelles et Dubernard

Qu’il s’agisse des maladies de la bouche et des dents, ou de la Chirurgie maxillo-faciale, ces pathologies sont connues, étudiées et traitées depuis 3 500 avant J.-C.

L’École française de Stomatologie est ouverte en 1910, passage Dauphine à Paris, par l’omniprésent Cruet. Elle y restera jusqu’à Pâques 1963, date à laquelle les cours furent donnés, dans un environnement enfin moderne, à l’Institut de Stomatologie de la Pitié- Salpêtrière.

Ce sont les deux conflits mondiaux qui ont fait exploser les connaissances par l’ingéniosité nécessaire à la réparation des « gueules cassées ». La première guerre mondiale en particulier, par l’importance des combats de tranchées, augmente leur fréquence.

À l’arrière, tous ces blessés sont traités dans des centres maxillo-faciaux inter-régionaux.

Les premiers sont créés dès 1915. Il en existait 17 en 1918. Les plus importants sont ceux du Val de Grâce à Paris, ainsi que ceux de Lyon et de Bordeaux.

Après la conquête de son statut médical, affirmé par la Faculté, la discipline accentue son caractère chirurgical et la société devient, le 29 mars 1953, Société française de Stomatologie et Chirurgie maxillo-faciale.

Depuis les années 1950-1960, les quatre piliers constituant la Chirurgie maxillofaciale se précisent et sont les témoins de la vaste étendue de son champ d’action :

  • la traumatologie dont les bagarres et les accidents de la circulation sont les principaux fournisseurs (…);
  • l’orthognathie, portant sur l’une ou les deux machoires;
  • la cancérologie, aidée par les procédés très sophistiqués de réparation qui permettent ainsi des exérèses-réparations audacieuses (…) ;
  • la chirurgie plastique de la face au sein de laquelle, la chirurgie esthétique, même si elle est la plus médiatique, n’est qu’une part de la chirurgie réparatrice.

Les avancées dans chacun de 4 domaines mentionnés ci-dessus n’ont pu se faire que grâce aux hardiesses réalisées dans d’autres spécialités, et les chirurgiens maxillo-faciaux témoignent ainsi d’une très vaste culture chirurgicale : ostéotomies de plus en plus élargies ou au contraire finement segmentaires, matériaux d’ostéosynthèses de plus en plus biocompatibles et miniaturisés, lambeaux ostéo-périostés, lambeaux cutanéo-musculaires, et toute la panoplie des techniques microchirurgicales : greffes nerveuses, microanastomoses, lambeaux composites, auto ou hétérologues, jusqu’à la récente allotransplantation du tiers inférieur du visage en novembre 2005, (Pr Devauchelle, Amiens, première greffe de visage au monde) triomphe de toutes les difficultés possibles.